vendredi 14 février 2014

Passez de la pommade sur la cuisse matin et soir

Un patient vient me consulter pour une cruralgie gauche avec déficit moteur de la flexion de hanche.

Cet homme de 77 ans ne parvient plus à monter le genou en position debout et éprouve de grandes difficultés à monter les escaliers qui mènent vers sa chambre, depuis huit jours où justement il est tombé violemment dans ces mêmes escaliers.

Souffrant intensément de la partie antérieure de la cuisse, il a consulté avant hier son médecin de famille, qui a diagnostiqué "a vista" une absence de fracture, et donc conseillé le meilleur traitement ad hoc: application de pommade anti-inflammatoire sur la cuisse matin et soir.

Inutile de vous confier que ça a eu le même effet sur mon patient que l'évocation de la situation des ostéopathes français à François Hollande ou la récitation de l'ancien testament à un émeu...

A l'examen visuel (pour lequel il est parfois nécessaire de faire retirer ses vêtements au patient), nous retrouvons une micro-courbure anormale en L2L3.

A l'examen palpatoire se confirme la présence d'une ou plusieurs dysfonctions vertébrales en L2L3, avec compression des espaces intervertébraux et douleur importante à la pression entre L2 et L3.

Après une normalisation prudente non structurelle des étages considérés, la douleur dans la cuisse s'atténue et la motricité de hanche semble meilleure...

Mon patient ressort finalement assez soulagé de mon cabinet, et me demande:

Et la pommade, je dois la passer ce soir?

lundi 10 février 2014

A 15 centimètres prés !

Le mois dernier, une jeune patiente de 17 ans vient me consulter 6 mois après un accident de la route, depuis lequel elle souffre intensément du haut de la nuque, le tout accompagné de maux de tête fréquents.

Elle me dit avoir consulté trois fois un ostéopathe "éminent" et enseignant en école d'ostéopathie, sans résultat.

Je l'examine et retrouve très facilement un "wiplash", forme de coup du lapin qui se caractérise par un blocage de la première vertèbre, sous la tête.(C1)

Je la manipule doucement à ce niveau pendant 15 minutes puis lui demande de se relever pour me confier ses sensations: elle se sent déjà soulagée, sa tête lui semble plus légère...

Je lui demande alors ce que faisait mon "éminent" collègue: elle me répond qu'il lui faisait craquer la dernière vertèbre du cou (C7) tous les 15 jours lors de séances de 10 minutes...

Le problème c'est qu'il y avait à la louche 15 centimètres entre sa dysfonction ostéopathique et la correction pratiquée, même répétée trois fois...

Aujourd'hui un patient vient de Roanne vers mon petit village aveyronnais parce qu'il souffre d'une pubalgie associée à une inflammation de la sacro iliaque: dans sa ville, les médecins ont pratiqués des radios et un scanner du rachis lombaire qui n'étaient pas démonstratifs de lésions apparentes, lui signifiant qu'il n'y avait donc rien à faire.

J'ai manipulé le pubis et l'iliaque de mon patient qui va déjà  mieux,

entre les lombaires et le pubis, il y a ... 15 centimètres!