mardi 20 novembre 2012

Vivement la reconnaissance! Pensais-je naïvement...

En 2000, jeune étudiant en ostéopathie et en même temps en formation de cadre politique avec Bernard Kouchner comme enseignant et intervenant, je n'avais qu'une obsession en tête: sortir l'ostéopathie de sa clandestinité!

Notre ministre de la santé de l'époque semblait aussi le souhaiter, et a fait partie des politiciens qui ont bien fait avancer le légalisation de l'ostéopathie.

L'ambition du projet était grande et pleine d'espoirs.

Permettre à des centaines ou des milliers de praticiens en ostéopathie d'exercer légitimement leur art, à l'abri des menaces des médecins soit disant bien attentionnés, zélateurs de la bonne conscience médicale officielle, portant plainte contre ces pseudo-rebouteux exerçant illégalement la science médicale...

Permettre aux ostéopathes d'apposer légalement leur plaque professionnelle librement dans la rue, comme le faisaient depuis longtemps les dentistes, les pédiatres, les rhumatologues...

Permettre de recevoir tous types de patients: adultes, enfants, vieux, riches, moins-riches, et leur apporter en toute sécurité le meilleur de notre art thérapeutique...

Permettre d'envisager une relation de confiance avec les différents acteurs du monde de la santé, sans rester au stade du figurant...

Permettre de suivre légalement une formation continue de qualité, permettant de rendre plus vivante encore la science ostéopathique...

Mais bon, tout ça, c'était avant,

Avant que la légalisation ne devienne la poule aux oeufs d'or non pas pour les ostéos mais plutôt pour les multiples et diverses instituts de formation plus ou moins légalisés à la va-vite..

Avant que chaque rue importante de toute ville moyenne française ne soit pourvue de son ou ses cabinets d'ostéopathe.

Avant que n'importe quel bachelier ayant échoué aux concours de médecine, kiné er infirmier, ne puisse devenir en 5 ans ostéopathe, moyennant le versement échelonné de la somme de 30 à 40000 euros.

La légalisation de l'ostéopathie nous a finalement permis de travailler au grang jour, mais elle n'a pas suffi à donner à notre profession la maturité nécessaire à sa parfaite intégration dans la médecine, et la multiplication exponentielle des professionnels installés en ville ne va pas simplifier nos rapports aux malades et aux autres professionnels de santé.