lundi 13 août 2012

J'ai retrouvé mes outils! A dit le kiné

Ma version de la boite à outils du kiné:



LA BOITE A OUTILS DU KINE



Sa boite à outils comprend principalement les massages, la physiothérapie, la kinésithérapie passive (autrement dit les assouplissements et étirements), la kinésithérapie active (c'est-à-dire la musculation et les exercices de gym), et enfin la rééducation proprioceptive et posturale.

Ce qui représente déjà un bon éventail de techniques, mais qui ne seront pas déployées à toutes les séances et pour toutes les pathologies.

On pourra rajouter les conseils d’hygiène de vie et d’ergonomie, et depuis peu la possibilité de prescrire des contentions et aide de marche.





                                                       LES MASSAGES



C’est la technique la plus ancienne et la plus connue des kinés, mais c’est aussi celle qui est le plus en péril, car abandonnée par de nombreux professionnels au bénéfice des autres techniques, réclamant une présence moins exclusive du thérapeute.

En effet dans les cabinets de forte activité, quand il est habituel de traiter 5 patients à la fois, il n’est pas commode d’intégrer des longs massages individualisés.

Ce qui constituait la base de toute prise en charge kinésithérapique dans les années 60 s’est peu à peu raréfié dans nos cabinets pour finalement migrer dans d’autres lieux absents en 1960 : les SPA, ce qui a créé chez certains kinés un fort mouvement d’indignation un peu tardif, mais la sentence était bien méritée.

Boigey définissait en 1950 le massage comme un ensemble de manipulations manuelles variées pratiquées à la surface d’un organisme vivant dans un but thérapeutique.

Son utilisation du terme manipulation me parait particulièrement intéressante car le massage est la technique du kiné qui va à mon sens le plus s’approcher de l’esprit de l’ostéopathie.

En effet, comme en ostéopathie fasciale, le praticien est à l’écoute des tensions de la peau et de ses éléments anatomiques sous-jacents, et travaille le fascia superficialis, situé entre le pannicule adipeux et le tissu cellulaire sous cutané.

Retrouver une zone de tension dans ce fascia, attarder son massage en restant à l’écoute de la réaction tissulaire jusqu’à relâchement de la tension, nous sommes bien dans un raisonnement ostéopathique…

Les vertus du massage sont multiples, il permet de soulager la douleur, de détendre les muscles tendons et ligaments, et surtout  il instaure une relation de proximité entre soigné et soignant.

Notamment dans le cas des dorsalgies liées au stress, il est intéressant d’avoir un praticien en écoute, à la fois des tensions des tissus, mais aussi des causes de tensions émotionnelles.

Ce peut être une occasion intéressante de verbalisation du stress, un pas important vers le mieux-être.

Revell écrivait «  on ne saurait envisager une kinésithérapie sans un contact permanent de la main qui calme et dirige »

Le pauvre Revell risquerait fort d’etre déçu par la réalité de nombreux cabinets en 2012…

Le massage se pratique donc sur un patient déshabillé, allongé sur une table de massage de préférence.

Ce qui peut vous paraitre évident ne l’est pas pour tous ! Ainsi je me souviens d’une patiente assez âgée, célibataire endurcie, me lançant d’un ton très inquièt « je suis vraiment obligée de me déshabiller pour le massage ??? » ou cette jeune adolescente qui préféra renoncer au massage plutôt que de dévoiler quelques cm2 de son intimité dorsale…

Quelques éléments techniques :

Le massage commence généralement par des techniques dites d’effleurage permettant au masseur de prendre contact avec le patient.

Comme son nom l’indique, dans l’effleurage les mains du praticien glissent doucement en appui léger au niveau de la peau, afin de créer une réaction de détente dans les tissus jusqu’à ressentir une certaine forme de relâchement des tensions, signe que le patient est maintenant bien relaxe prêt à accepter un massage plus appuyé.

La suite du massage s’intéresse aux structures plus profondes : les muscles et les fascias inter musculaires.

Les techniques sont alors plus appuyées, plus ciblées sur le profil anatomique du patient, ce dernier ressent en même temps une sensation de relâchement et de légère douleur liée à la résistance des tissus.

Apres sédation des dernières tensions, le massage redevient plus superficiel pour achever sur un temps de détente.

Un bon massage devrait durer entre 20 et 40 minutes.

Il s’agit là du massage type, à visée de détente musculo ligamentaire.

Bien sûr il existe de nombreux autres  massages plus spécialisés que je ne vous ai pas décrits ici : le massage circulatoire, le drainage lymphatique et le massage réflexe, qui répondent à des besoins spécifiques et qui n’entrent pas dans le cadre d’une séance  type de kinésithérapie.



                                               LA PHYSIOTHERAPIE



La physiothérapie désigne l’utilisation d’appareils venant en complément des techniques manuelles de la séance.

Je dis bien en complément, car les appareils de physiothérapie ne sont que des adjuvants de séance, et il serait très réducteur de limiter une séance de kinésithérapie à l’usage de ces appareils !!!

Il y a deux grandes familles d’appareils : les appareils permettant de délivrer de la chaleur, et les appareils d’électrothérapie, délivrant des ondes ou des courants destinés à apaiser les douleurs.

Soulager nos douleurs par la chaleur, ce n’est assurément pas le scoop de l’année, mais bon au moins ça a fait ses preuves, et il faut avouer que ça arrange bien les kinés de placer un patient sous infrarouge alors qu’il termine les soins de quelqu’un d’autre ou pendant qu’il répond au téléphone.

Outre l’usage de l’infra-rouge, d’autres applications de chaleur sont possibles, au contact direct de la peau cette fois, par l’application de compresses chauffées en bain marie ou aux micro-ondes, comme quoi la modernité n’implique pas forcément le progrès !

Quels sont les intérêts de la chaleur : une sensation d’apaisement des douleurs, un effet vaso dilatateur intéressant en cas d’arthrose ou d’ostéoporose, et aussi une détente musculaire et fasciale, parfait préliminaire à un bon massage.

Les appareils d’électrothérapie modernes utilisent des courants électriques divers et complexes permettant d’agir directement sur la conduction de l’influx nerveux et sur l’information de douleur et plus indirectement sur l’état inflammatoire.

Il s’agit donc bien d’un traitement symptomatique qui ne prétend pas s’attaquer à la zone de douleur, tout complexe qu’il puisse être, le courant électrique reste loin d’être intelligent !

En pratique, on va vous placer 2 ou 4 électrodes autour de la zone douloureuse soit par un système de pastilles autocollantes soit sous forme de ventouses.

Les électrodes ainsi placées vont produire un courant électrique adapté à votre pathologie, durant 15 à 20 minutes, la procédure étant répétée plusieurs fois par semaine.

La ionisation est aussi un traitement par électrothérapie mais qui utilise le courant pour ioniser un principe actif médicamenteux, elle peut être très efficace en fonction de la molécule utilisée mais exige beaucoup de prudence de la part du kiné car elle utilise un courant continu qui peut provoquer dans certains cas des brulures du second degré.

D’autre part, il s’agit là d’un traitement médicamenteux déguisé, puisque c’est bien la molécule, plus que le courant, qui constitue le principe actif.

Le générateur d’ultrasons, très largement utilisé,  est constitué d’une tête métallique reliée par un fil à un boitier envoyant une vibration de fréquence ultrasonique permettant de traiter les douleurs localisées et les adhérences, on l’utilise généralement dans les cas d’entorses ou de contractures musculaires.

Pour être efficace, les ultrasons doivent être diffusés dans l’eau ou par l’intermédiaire d’un gel conducteur, et c’est le kinésithérapeute lui-même qui doit appliquer les soins !

Ni la secrétaire médicale, ni le patient lui-même n’ont la compétence requise pour utiliser efficacement l’appareil…





                    LA KINESITHERAPIE PASSIVE ET LES ETIREMENTS



Lors de son bilan initial, le kiné va mettre en évidence des limitations de mobilité d’un niveau articulaire, mesurée au besoin à l’aide d’un goniomètre, plus ou moins importante selon le type de pathologie, traumatique ou rhumatismal.

Parmi les objectifs du kiné, il est nécessaire de récupérer la mobilité normale articulaire, c’est le rôle de cette kinésithérapie dite passive, car réalisée sans participation musculaire volontaire du patient.

Par exemple, Bernard va chez le kiné après une entorse du genou, son genou ne plie qu’à 60° au lieu de 140° normalement : le kiné va mobiliser son genou passivement jusqu’ à butée à 60°.

Au bout de plusieurs manœuvres, l’amplitude va évoluer progressivement vers 65 puis 70° de mobilité, la limite articulaire se retardant d’autant.

Le kiné peut aussi utiliser des postures, c’est-à-dire des positionnements de l’articulation en limite articulaire, maintenue pendant quelques minutes.

Dans ce cadre de la kinésithérapie passive, des appareils spécifiques peuvent être utilisés tel le kinétec pour fléchir le genou ou les systèmes d’élongation cervicale.

Il est intéressant de noter qu’ostéopathes et kiné recherchent tous les deux les restrictions de mobilité mais avec une différence importante: le kiné traite le mouvement dit « majeur » tandis que l’ostéopathe s’intéresse généralement au mouvement « mineur »

Ainsi, toujours au niveau du genou, l’ostéopathe va plutôt s’intéresser aux mouvements dits « mineurs » c'est-à-dire les translations latérales et antéro postérieures du tibia sur le fémur, d’une amplitude infime inférieure au millimètre, mais qui vont conditionner la fluidité et le confort dans le mouvement majeur.



   LA KINESITHERAPIE ACTIVE ET LE RENFORCEMENT MUSCULAIRE



Là c’est le patient qui exécute lui-même le mouvement guidé par les conseils du kiné.

Le renforcement musculaire ciblé est LA technique importante du kiné avec le massage, qui va pouvoir compléter utilement la récupération articulaire et le travail de l’ostéopathe.

En effet, la musculation ne pourra fonctionner à 100% qu’en présence d’une articulation parfaitement intégrée dans le système postural et libre de sa mobilité des mouvements majeurs et des mouvements mineurs.

La musculation est le plus souvent exécutée à l’aide d’appareils de renforcement musculaire spécifiques, ou par des montages de pouliethérapie.

La pouliethérapie est un grand classique de la kinésithérapie, elle a ses adeptes, dont je ne suis pas un membre actif…

La cage de pouliethérapie est ainsi constituée d’un grillage gris, disposé tout autour d’une table de rééducation, permettant d’accrocher sur les parois un jeu d’élingues et de crochets.

Ce système permet de relier un segment de membre, jambe ou bras, à un ensemble poids poulie, assurant la résistance ciblée d’un travail musculaire adapté à la morphologie et à la force du patient.

Souvent, le patient se retrouve  attaché… dans la cage… et travaille avec un sourire contenu, bien inférieur à celui du kiné qui l’a installé et qui examine le résultat avec bienveillance!

Si l’avantage de la pouliethérapie est de pouvoir constituer un appareil de renforcement musculaire « à la carte », le gros inconvénient réside dans le faible contrôle des conditions de travail de l’articulation qui peut parfois souffrir d’un effet de bras de levier, incompatible avec la physiologie articulaire.

Ma préférence va donc aux techniques manuelles, exécutées sous le contrôle étroit du kiné.







                       LA FIN DE REEDUCATION DITE PROPIOCEPTIVE



Tout bon traitement kinésithérapique doit s’achever par une remise en condition réelle, fonctionnelle, professionnelle ou sportive selon les patients.

Le protocole varie nettement selon l’âge et le niveau de sportivité du patient.

Ainsi pour un patient âgé, il s’agira principalement de récupérer le schéma de marche, en travaillant la déambulation entre les barres parallèles ou sur des escaliers factices.

Pour les plus sportifs, le kiné réintégrera progressivement l’articulation lésée dans le cadre des gestes sportifs les plus usuels.


Extrait de "Kiné ou ostéo, qui consulter?" Vincent ARIN STOCCHETTI sur www.leslivresdemonosteopathe.com ou chez votre libraire préféré!